Tune In 102

102TUNE IN 102

Heinrich Böll (1917-1985)

Réflexions spirituelles pour les artistes publiées par Crescendo.

Jean 8,19

Jésus répondit : «Vous ne me connaissez pas et vous ne connaissez pas mon Père ; si vous m’aviez connu, vous auriez aussi connu mon Père.»

A chaque fois qu’on parle de Dieu dans un groupe de discussion et qu’on cherche un nom pour Lui, nous pouvons dire en tant que chrétiens: par Jésus-Christ nous connaissons Dieu aussi. Jésus nous a «rapproché» Dieu (celui qui se révélait dans l’Ancien Testament!) dans le sens le plus littéral et l’a montré en tant que Père.  Que Jésus dit la vérité au sujet de Dieu, qu’il nous témoigne du Père de la bonne manière, est confirmé par le fait que le Père lui rend témoignage également (verset 18). Cela veut dire: Dieu est présent dans cet homme de Nazareth comme dans aucune personne avant ou après lui. Il travaille en lui et par lui d’une manière divine. Oui, Jésus lui-même est «vrai homme et vrai Dieu», pour le dire selon une formule, avec laquelle le Concile de Constantinople en 381 résume le message biblique. Ainsi Dieu se montre à nous dans la forme et dans l’action de Jésus-Christ. Il est en effet clair dans le dialogue inter-religieux que les grandes religions ont des images de Dieu complètement différentes qui ne peuvent être harmonisées entre elles. Et l’image chrétienne de Dieu est effectivement indissociable d’une phrase comme Jean 8:12, que nous pouvons aussi mettre à l’indicatif: «Si vous me connaissez, vous connaissez aussi le Père ».

Alors la compréhension de Dieu aujourd’hui s’est distancée en partie très loin de la compréhension chrétienne – y compris dans les cercles culturels des artistes. On y a parfois besoin de courage pour professer le «Dieu chrétien». Trop de gens font marche arrière ici et commencent à avoir honte de leur foi en Dieu – comme cet expert culturel dans la magnifique nouvelle satirique de Heinrich Böll «Les silences réunis du Dr Murke». Le Professeur Bur-Malottke tient une conférence à la radio à propos de la «nature de l’art». Il utilise souvent le mot «Dieu». Car il s’est tourné vers l’Eglise après 1945 – comme beaucoup d’allemands, bouleversés au niveau existentiel suite à la 2ème guerre mondiale. Mais maintenant il voudrait encore une fois congédier ce Dieu, choisissant pour cela l’expression «cet être supérieur que nous vénérons». Il force l’ingénieur de son à couper le mot «Dieu» de l’enregistrement et de le remplacer par la nouvelle expression. Mais cela rend tout beaucoup plus compliqué – même au seul niveau de la grammaire. Et il s’avère que vous ne pouvez pas prendre congé de Dieu si facilement. Les fragments découpés de la bande magnétique avec le mot «Dieu» seront utilisés plus tard dans la conférence d’un athée (le producteur radio Murke collectionne par contre des «moments de silence» parce qu’il ne veut plus entendre de la rhétorique creuse. Le silence vaut certainement mieux que du vent!). L’histoire peut être lue comme une parabole moderne : ce ne devient pas plus facile quand nous avons honte d’être chrétiens – et quand nous disons au revoir à Dieu. En fin de compte c’est même une impossibilité.

Encore un mot sur l’auteur: le prix Nobel Heinrich Böll (1917-1985) vivait la foi chrétienne et le professait. «Les écrivains sont tous égocentriques! Le pire pour eux, c’est la réussite d’un autre écrivain ou une mauvaise critique. Mais il y en avait un qui était différent: Heinrich Böll. S’il y a un écrivain allemand que j’ai connu et que je qualifierais de chrétien, c’était Böll. Il vivait la parole: «Tu aimeras ton prochain comme toi-même». Et il aidait ses collègues, partout où il le pouvait.» Voici plus ou moins ce que disait le grand critique littéraire allemand Marcel Reich-Ranicki (1920-2013) dans divers entretiens et dans son autobiographie «Ma vie». Böll était toujours prêt à aider et cherchait, partout où il était, une église pour assister à la messe. La lecture des «Silences réunis du Dr Murke» comme une histoire chrétienne devient d’autant plus évidente – un récit dans lequel il s’agit de savoir si nous voulons encore connaître Dieu et le reconnaître publiquement.

Lien vers plus d’informations sur l’histoire (en anglais).

Texte : Beat Rink

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