Tune In 118

«Qu’ainsi disent les rachetés de l’Eternel» (Psaume 107:2, Louis Segond)

Les TUNE IN sont des réflexions spirituelles pour les artistes publiées par Crescendo.

Pour écouter d’autres extraits de la Suite Pascale

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Image : CARTE DE PAQUES par l’artiste contemporain berlinois Thomas Werk : www.thomaswerk.de

Jésus aimait raconter des histoires. À l’exception des moments quand il était seul avec ses disciples, son enseignement se faisait pour la plupart à travers des histoires.Dans plusieurs Tune Ins récents, le thème de la narration personnelle a été souligné comme un moyen de découvrir l’histoire de Dieu avec nous (et la nôtre avec Lui), et aussi comme un moyen de communiquer cette histoire aux autres. Le concept de la narration a fait un retour généralisé dans les milieux chrétiens: on peut le voir dans l’essor de la fiction chrétienne et même dans l’utilisation des clips vidéo et des films dans les églises et par les ministères para-ecclésiaux.

Aujourd’hui, nous allons considérer des œuvres musicales qui racontent son histoire et poser la question : qu’est-ce que cela peut nous faire et faire pour nous ?

A côté de Noël, Pâques est le moment de la vie terrestre de Jésus le plus traduit en musique par des Passions, des cantates et oratorios, et même par le jazz. La Suite pascale est l’interprétation musicale de la Passion par le légendaire pianiste de jazz Oscar Peterson (1925-2007) – la souffrance, la mort et la résurrection de Jésus.

Chacun des neuf morceaux qui forment la Suite pascale tente d’évoquer un sentiment ou de suggérer un dialogue au sein de l’histoire linéaire de la Passion.

La suite fut commandée et diffusée par le South Bank Show de la chaîne ITV (Grande Bretagne) en 1984, et la création télévisée par le trio de Peterson est également la seule interprétation de cette œuvre jouée par Peterson. Au cours des dernières années, cette suite, ainsi que toutes les improvisations du trio, a été transcrite et jouée par de nombreux musiciens de jazz. Je peux seulement vous inviter tous à lire les passages bibliques correspondants et écouter la musique comme un acte de méditation musicale.

L’historien de jazz Thomas Cunliffe s’émerveille: « Si des citations spécifiques sont clairement délinées dans la musique (en particulier on pourrait identifier les rythmes des paroles « Êtes-vous vraiment le roi des Juifs ?» [« Are You Really King of the Jews ?»]) … en se plaçant dans le contexte spirituel de cette suite, l’auditeur attentionné peut entendre le vent à travers les oliviers dans «Le Jardin de Gethsémani» et visualiser les soldats romains dans «Le Procès» … dans «Le Reniement» le piano de Peterson est en contraste direct avec la batterie de Martin Drew, les deux lançant des accusations et dénis l’un envers l’autre. À certains égards, c’est la contrebasse de Niels-Henning Ørsted-Pedersen qui incarne le Christ. Lui aussi est en dialogue avec Peterson tout au long de l’œuvre, mais c’est la basse seule qui dépeint la mort de Jésus sur la croix.»

Alors, vous pourriez demander pourquoi je suggère cela comme expérience auditive?
J’ai joué cette pièce moi-même dans des arrangements pour quatuor de jazz dans de nombreuses églises au cours de ces dernières années, et j’ai toujours été fasciné par la forte qualité émotionnelle de la musique qui fait entrer les artistes et les auditeurs dans les derniers jours de la vie terrestre de Jésus, surtout quand elle est accompagnée par des lectures bibliques. En tant qu’interprète, elle m’a motivé à me concentrer sur la musique qui puise son inspiration dans les expériences de foi. J’ai trouvé qu’elle avait également un impact sur ma relation avec la Bible: elle nourrit mon amour pour Dieu et me donne envie de l’étudier et de la raconter de plus en plus.

«La tâche socio-éthique de l’Eglise … est d’être le genre de communauté qui raconte – et raconte de manière juste – l’histoire de Jésus», écrit le théologien américain Stanley Hauerwas«Nous poursuivons cette vérité quand nous voyons la lutte de chacun pour être fidèle à l’Evangile comme un élément essentiel dans chacune de nos vies.» Hauerwas croit fermement qu’il y a une connexion: c’est seulement en racontant l’histoire de Dieu que nous pouvons découvrir et raconter son histoire avec nous.

En lisant, en écoutant, en interprétant et racontant l’histoire de Jésus-Christ, notre propre relation avec lui se façonne – une relation qu’on peut authentiquement partager avec les autres. De cette manière, la musique sacrée devient comme une icône, pointant vers Dieu et permettant à nos cœurs de s’ouvrir largement, faisant de la place afin qu’il soit avec nous. L’accomplissement véritable des mots SOLI DEO GLORIA.

Prière:
Seigneur, donne-moi la sagesse et la clarté pour choisir les histoires que je raconte en tant qu’artiste, et guide-moi dans le droit chemin pour raconter ton histoire avec tout mon cœur et toute ma vie. Amen.

Texte : Uwe Steinmetz, saxophoniste, Berlin. Co-fondateur et co-directeur de «Crescendo Jazz».

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